Un établissement hospitalier britannique a reconnu ne pas avoir réagi avec la rapidité nécessaire pour informer les autorités sanitaires de l’apparition de cette infection, qui a depuis causé deux décès dans le pays.
Alors qu’une épidémie de méningite sévit depuis plusieurs semaines au Royaume-Uni, l’hôpital Queen Elizabeth The Queen Mother (QEQM) se retrouve au cœur de la controverse. Dans une déclaration largement relayée le 25 mars par la presse nationale et internationale, la East Kent Hospitals NHS Trust — l’organisme chargé de la gestion de l’établissement — a reconnu avoir manqué à ses obligations de signalement.
Comme le rappelle Le Monde, la législation sanitaire britannique impose aux hôpitaux un délai maximal de vingt-quatre heures pour notifier tout cas suspect de méningite aux autorités compétentes, en l’occurrence l’Agence nationale de sécurité sanitaire (UKHSA).
Or, ce délai a été dépassé de deux heures par le QEQM. Selon la chronologie établie, le premier patient s’est présenté aux urgences le mercredi 11 mars au soir. Dès le lendemain matin, le personnel médical suspectait une méningite.
Un retard aux conséquences potentiellement mortelles ?
Pourtant, l’alerte à l’UKHSA n’a été transmise que le vendredi 13 mars, soit 26 heures après la suspicion initiale. « Nous reconnaissons qu’il existait une possibilité de notifier l’UKHSA avant la confirmation du diagnostic », a admis dans un communiqué repris par Le Monde, Des Holden, directeur général par intérim du groupement hospitalier auquel appartient le QEQM.
C’est précisément dans cette fenêtre de retard que Keely, jeune femme interrogée par Sky News, s’est rendue le jeudi soir au Club Chemistry, nightclub identifié comme un probable foyer de contamination. Selon le quotidien français, l’épidémie recensait au 25 mars 22 cas d’infection invasive à méningocoque B, dont 20 confirmés et deux en cours d’analyse.
Surtout, deux jeunes, une lycéenne de 18 ans et un étudiant de l’université du Kent âgé de 21 ans, ont succombé. Keely, rescapée après avoir contracté la maladie, estime qu’elle aurait contacté le 111 — le numéro de santé non urgent au Royaume-Uni — ou renoncé à sortir si elle avait été avertie de la présence d’un cas suspect dans sa région.
Les autorités minimisent l’impact du retard
« Je pense que j’aurais vérifié mes symptômes, juste par précaution. Et si j’avais su, je ne serais pas allée au club », confie-t-elle. « Vous avez du sang sur les mains. Pourquoi n’avez-vous pas agi plus tôt ? », déplore sa mère.
Si le secrétaire d’État à la Santé a reconnu les faits, il indique que ce retard ne semble pas avoir eu d’impact matériel sur les mesures prises pour contenir l’épidémie. Une position qui indigne les familles endeuillées.
Le ministre a néanmoins promis un rapport complet sur cette défaillance, réclamant des explications non seulement à l’UKHSA, mais aussi directement à son administration, en tant que responsable de la Santé et des Affaires sociales.
