Vers la fin du système des transferts dans le football ?

Un collectif d’anciens professionnels réclame à la FIFA et à plusieurs fédérations nationales de football des compensations financières pour les préjudices que leur aurait causés le système actuel des transferts.

Le collectif « Justice For Players » lance une action judiciaire contre la FIFA ainsi que les fédérations de football des Pays-Bas, de France, d’Allemagne, de Belgique et du Danemark pour obtenir des dommages-intérêts au profit des joueurs professionnels ayant subi des pertes financières du fait des règles de transfert.

L’un des points clés de ces règles est l’interdiction faite aux joueurs sous contrat de rompre unilatéralement leur engagement pour rejoindre un autre club sans verser d’indemnité à leur club d’origine.

Ces sommes atteignent souvent plusieurs millions d’euros, comme l’illustre le mercato estival actuel marqué par des transferts records tels que celui de l’Allemand Florian Wirtz, 22 ans, du Bayer Leverkusen vers Liverpool pour plus de 120 millions d’euros.

Problème : la Cour de justice européenne (CJUE) a condamné cette règle en octobre dernier, y voyant une entrave aux lois européennes sur la libre circulation et la libre concurrence. Cette condamnation trouve son origine dans l’affaire Lassana Diarra.

Un précédent qui change la donne

L’ancien milieu de terrain international français avait porté son cas devant la justice européenne après avoir été condamné par la FIFA à verser 10 millions d’euros au club russe du Lokomotiv Moscou. En cause : son départ du club après seulement une année d’un contrat de quatre ans.

L’arrêt de la Cour européenne conteste deux mécanismes utilisés par la FIFA pour dissuader les joueurs de quitter leur club en cours de contrat. D’une part, la règle de « solidarité » qui rend le nouveau club automatiquement responsable du paiement des indemnités que le joueur doit à son ancien employeur, créant ainsi un frein économique pour les clubs recruteurs.

D’autre part, le système des certificats de transfert international, documents administratifs obligatoires que la FIFA peut refuser de délivrer pour empêcher concrètement un joueur de s’engager ailleurs, même s’il a résilié son contrat.

Un système à bout de souffle ?

Justice For Players s’engouffre aujourd’hui dans cette brèche juridique pour soutenir son offensive judiciaire. Selon les estimations du collectif, quelque 100 000 joueurs et joueuses professionnels ayant joué pour un club de l’Union européenne ou du Royaume-Uni depuis 2002 seraient éligibles pour rejoindre cette procédure.

L’argumentaire développé par Justice For Players repose sur une comparaison simple, mais percutante : pourquoi les footballeurs seraient-ils les seuls travailleurs européens à ne pas pouvoir quitter librement leur employeur en cours de contrat ?

« En tant qu’ancien footballeur professionnel, agent et dirigeant, j’ai pu constater de première main le contrôle et le pouvoir que la FIFA exerce sur les joueurs« , confie au Tilmes, Franco Baldini, ancien adjoint de Fabio Capello en équipe d’Angleterre et membre du conseil d’administration de Justice For Players.

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