Le géant de la technologie a accepté un accord à l’amiable dans le cadre d’un recours collectif lié aux pratiques d’écoute de son assistant vocal.
Selon des documents judiciaires consultés par Reuters, un accord préliminaire impliquant Google — sous réserve de validation par un juge — a été déposé le 23 janvier 2026 devant le tribunal fédéral de San Jose, en Californie.
Ce document prévoit le versement par le groupe de Mountain View de 68 millions de dollars afin de mettre un terme à un contentieux. L’affaire, initialement portée devant la justice de l’Illinois, accuse Google Assistant, l’assistant vocal de la société, d’avoir procédé à l’enregistrement illégal de millions d’utilisateurs depuis mai 2016.
Selon les plaignants, l’appareil s’activait parfois sans que les mots de lancement « Hey Google » ou « Ok Google » n’aient été prononcés, enregistrant ainsi des conversations privées à l’insu des utilisateurs. Ces contenus auraient ensuite été utilisés pour affiner le profilage publicitaire, alimentant l’écosystème lucratif de la publicité ciblée du groupe.
Concrètement, certains utilisateurs disaient avoir remarqué la réception de publicités étroitement liées à des discussions tenues à voix haute, sans recherche préalable ni requête explicite, alimentant la suspicion d’écoutes dépassant le cadre strictement fonctionnel du service.
Le consentement passif désormais remis en cause
La question centrale de l’affaire ne portait pas tant sur l’espionnage délibéré de la part de Google que sur l’absence d’information adéquate des utilisateurs conformément aux exigences légales.
En effet, si Google divulgue effectivement les pratiques d’enregistrement de son assistant dans ses politiques de confidentialité, les tribunaux estiment de plus en plus que des divulgations enfouies dans de longues conditions d’utilisation ne constituent pas un consentement significatif, particulièrement lorsqu’il s’agit de données biométriques.
Google n’est d’ailleurs pas un cas isolé ; Amazon et Apple ont également préféré des règlements financiers afin d’éviter qu’un jury n’évalue la valeur de chaque capture vocale non autorisée.
Les modalités exactes de dédommagement pour chaque utilisateur restent à préciser, mais le fonds de 68 millions de dollars servira à indemniser les membres du recours collectif, après prélèvement des frais de justice estimés à 22,7 millions de dollars par Reuters.
Une victoire déguisée en règlement ?
« C’est une victoire énorme pour Google. L’entreprise s’en tire à bon compte« , estime Eric Cole, ancien pirate informatique de la CIA et expert en cybersécurité, interrogé par News Nation.
Le fait que les deux parties acceptent un montant aussi faible revient, selon lui, à admettre que Google n’a pas vraiment commis de faute grave et qu’elle s’en sort sans conséquences réelles.
La firme californienne assure avoir depuis corrigé ses pratiques. Le stockage audio de l’Assistant est désactivé par défaut, la vérification humaine des enregistrements a été drastiquement réduite, et de nouveaux outils de gestion des données sont accessibles via le tableau de bord « Mon activité Google ».
