La Formule 1 suspend ses courses au Moyen-Orient

Les Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite, initialement programmés pour le mois prochain, ont été officiellement retirés du calendrier. En cause : les frappes de représailles menées par l’Iran sur les deux pays hôtes, qui ont rendu toute organisation impossible.

En marge du Grand Prix de Chine à Shanghai, les responsables de la Formule 1 ont annoncé, samedi 14 mars, l’annulation des manches prévues à Bahreïn et en Arabie saoudite, toutes deux inscrites au calendrier d’avril.

« Après une évaluation approfondie, en raison de la situation en cours dans la région du Moyen-Orient, les Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite n’auront pas lieu en avril », précise le communiqué conjoint de la F1 et de la FIA.

La nouvelle n’a pas surpris les observateurs. Depuis plusieurs semaines, la situation sécuritaire régionale s’était considérablement détériorée. Les deux pays ont été touchés par des frappes de représailles iraniennes, menées après une série d’attaques américaines et israéliennes contre l’Iran.

Des missiles iraniens ont notamment frappé des capitales de la région, dont Manama, la capitale du Bahreïn, où séjournerait la grande majorité du personnel des écuries. Dans ce contexte, maintenir les épreuves des 12 et 19 avril relevait de l’impensable.

La logistique, facteur décisif d’une décision précipitée

« La FIA placera toujours la sécurité et le bien-être de notre communauté et de nos collègues en priorité », a déclaré son président, Mohammed Ben Sulayem, originaire des Émirats arabes unis, dans un message relayé par Reuters.

L’annonce est intervenue plusieurs semaines avant les dates initiales pour des impératifs logistiques. Le transport du fret vers le Moyen-Orient devait être lancé bien avant les courses ; cela rendrait tout report impossible.

D’après des sources d’ESPN, l’abandon du Grand Prix de Bahreïn s’est imposé rapidement, tandis que le cas saoudien s’est révélé plus délicat. Les organisateurs locaux avaient envisagé de maintenir leur course, mais la F1 a préféré éviter tout risque d’escalade alors que le matériel et le personnel auraient déjà été sur place.

Un camouflet financier et sportif pour la saison

« Nous réaffirmons à la communauté sportive internationale que le Royaume était pleinement préparé à accueillir cette course, qu’il a déjà organisée avec succès et distinction à cinq reprises », a d’ailleurs confirmé, le ministre saoudien des Sports, le prince Abdulaziz Ben Turki Al-Faisal, cité par l’agence SPA.

L’annulation de ces deux rendez-vous crée une interruption de cinq semaines dans le calendrier du championnat, une pause inédite en dehors des périodes de pandémie. Après le Grand Prix du Japon, prévu le 29 mars à Suzuka, la saison ne reprendra qu’à Miami, le 3 mai.

Pour les écuries, les pilotes, les diffuseurs et les fans, cette suspension forcée bouleverse la dynamique sportive et commerciale. Sur le plan économique, la Formule 1 devrait accuser un manque à gagner dépassant les 100 millions de livres sterling.

Sauf reprogrammation, la saison serait ramenée à 22 courses, sa plus courte depuis 2023. Le précédent remonte à 2011, lorsque le Grand Prix de Bahreïn avait été reporté en raison du Printemps arabe et des troubles politiques dans le pays.

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