Le magnat indien pourrait voir les procédures engagées pour corruption par les autorités américaines abandonnées, en échange de la promesse d’investissements conséquents aux États-Unis.
Pour Gautam Adani, les difficultés semblent s’estomper aux États-Unis. Le milliardaire indien a vu les poursuites engagées contre lui par la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur américain des marchés financiers, abandonnées jeudi 14 mai.
Dans le cadre de cet accord, le patron du groupe Adani s’engage à verser 6 millions de dollars, tandis qu’une contribution supplémentaire de 12 millions de dollars devrait être apportée par son neveu, Sagar Adani.
L’Office of Foreign Assets Control (OFAC), rattaché au département du Trésor, ainsi que le Département de la Justice (DOJ), devraient suivre avec des arrangements similaires. Une issue qui découle d’un compromis négocié entre les autorités américaines et la défense d’Adani.
Cette dernière, conduite par Robert Giuffra Jr., l’un des avocats personnels du président Donald Trump, aurait notamment proposé un investissement de 10 milliards de dollars dans l’économie américaine, assorti de la création de 15 000 emplois, selon des sources proches du dossier citées par le New York Times (NYT).
Une « offre inhabituelle »
Ce n’est pas la première fois que le milliardaire avance une proposition de ce type, qualifiée d’« inhabituelle » par le quotidien new-yorkais, mais elle aurait cette fois convaincu les hauts responsables du ministère de la Justice.
Une telle démarche illustre le virage transactionnel opéré par l’administration américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump. Elle alimente, selon le NYT, l’idée que tout peut faire l’objet de négociations impliquant de l’argent auprès du dirigeant républicain, peu regardant sur les conflits d’intérêts et les porosités entre sphères publique et privée.
Au cours de l’année écoulée, le locataire de la Maison Blanche a ainsi accordé des grâces présidentielles à des donateurs et partenaires d’affaires, tandis que des enquêtes contre des alliés politiques ont été abandonnées. Pour le groupe Adani, qui a toujours fermement contesté toutes les accusations, ce dénouement mettrait fin à une pression considérable qui pesait sur sa capacité à lever des capitaux à l’étranger.
L’Inde, vassal économique des États-Unis ?
Sous l’administration Biden, les procureurs fédéraux avaient initialement inculpé le magnat pour son implication présumée dans un vaste système de corruption visant à obtenir l’autorisation de développer la plus grande centrale solaire d’Inde.
L’accusation affirmait qu’Adani et ses partenaires avaient versé des pots-de-vin à des responsables publics indiens afin de faciliter ce projet énergétique d’envergure. L’abandon des poursuites intervient dans un contexte de rapprochement stratégique entre Washington et New Delhi, perçue comme un contrepoids à la Chine dans l’Indo-Pacifique.
Selon les documents judiciaires déposés, ni Gautam Adani ni son neveu ne reconnaissent ni ne contestent leur culpabilité dans le cadre de cet accord, une formulation classique dans les règlements amiables aux États-Unis.
