Le conseil municipal a ouvert la porte à la cession du Parc des Princes au Paris Saint-Germain.
L’arrivée d’Emmanuel Grégoire à la tête de la mairie de Paris ne pouvait pas mieux tomber pour le Paris Saint-Germain (PSG). À peine élu, le nouvel édile a convoqué, le 14 avril, un conseil municipal extraordinaire consacré au délicat dossier de l’avenir du club de la capitale au Parc des Princes.
« Depuis 1974, le Parc des Princes est le stade du PSG. C’est ici qu’il a grandi, qu’il a construit son palmarès, qu’il a forgé son lien avec les Parisien(ne)s. (…) Laisser partir le Paris Saint-Germain hors de Paris serait une faute politique, sportive et historique« , a-t-il martelé, devant les élus.
Le patron de l’Hôtel de Ville a annoncé vouloir « explorer avec le club l’ensemble des solutions juridiques possibles », citant expressément deux options : la vente du stade au PSG, ou la conclusion d’un bail emphytéotique.
Ce dernier dispositif est un contrat de très longue durée, généralement compris entre 18 et 99 ans, qui permet au preneur d’exploiter le bien comme s’il en était propriétaire, tout en laissant la nue-propriété à la collectivité.
Une condition non négociable
Dans les deux cas, elle a posé une condition non négociable : une clause garantissant « le maintien principalement sportif de l’usage du stade ». Autrement dit, le Parc des Princes ne pourrait pas être transformé en complexe immobilier, en centre commercial ou en tout autre usage étranger au sport.
Selon le maire les recettes tirées de la cession ou du bail seront « intégralement mises au service du développement du sport de proximité, de la construction ou de la rénovation des équipements sportifs, ainsi que du réaménagement de la porte de Saint-Cloud ».
Ce dernier point est d’autant plus essentiel que la porte de Saint-Cloud, carrefour stratégique du sud-ouest parisien, est depuis des années au cœur d’un projet de transformation urbaine majeur. L’éventuel produit d’une transaction sur le Parc des Princes pourrait en accélérer le financement.
Une opposition qui y voit une capitulation
Si le conseil a finalement donné mandat au maire pour négocier avec le PSG, les échanges ont été loin d’être apaisés. Émile Meunier, du Nouveau Paris Populaire, s’est montré particulièrement virulent, dénonçant une forme de marchandisation d’un équipement emblématique.
« Vous allez perdre la main sur un équipement stratégique qui est là pour des dizaines et des dizaines d’années » a-t-il mis en garde, pointant le risque de voir le PSG, une fois propriétaire, chercher à maximiser la valeur immobilière du site au détriment de sa vocation sportive.
Plus profondément, l’élu a interpellé la majorité sur la fragilité potentielle du projet sportif. « Le PSG, avec tout le respect que j’ai pour ses résultats, c’est un club dont vous ne pouvez pas garantir qu’il sera toujours au plus haut niveau demain. Vous ne le pouvez pas, même si vous en êtes fan », a-t-il insisté.
Pour le PSG, qui milite de longue date pour devenir propriétaire de son stade, ce tournant politique constitue un renversement de situation. Sous la mandature d’Anne Hidalgo, les relations entre la mairie et la direction qatarie du club s’étaient nettement tendues, la maire ayant opposé un refus catégorique à toute vente du Parc des Princes.
