Les deux groupes ont amendé leur accord de partenariat historique axé sur l’intelligence artificielle. De quoi ouvrir de nouvelles perspectives à chacun.
Microsoft et OpenAI ont annoncé, le 27 avril, une refonte de leur partenariat, mettant fin à l’exclusivité qui liait jusqu’ici les deux entreprises.
Depuis plusieurs années, la firme de Redmond bénéficiait d’un accès prioritaire aux technologies développées par la startup d’intelligence artificielle, dont elle est le principal investisseur institutionnel avec une participation estimée à environ 27% du capital.
En contrepartie, Microsoft reversait à OpenAI une part des revenus générés via Azure, un mécanisme financier inédit qui a largement contribué au financement et à la diffusion commerciale de modèles comme ChatGPT auprès des clients tiers.
Ce dispositif a aussi permis à l’entreprise dirigée par Sam Altman de s’imposer comme l’un des moteurs de la course à l’IA, portée par quelque 13 milliards de dollars d’investissements cumulés depuis 2019.
Une liberté commerciale retrouvée pour OpenAI
Désormais, OpenAI peut vendre et déployer l’ensemble de ses produits sur n’importe quelle infrastructure cloud, sans être contraint de passer exclusivement par Azure. Cette marge de manœuvre est d’autant plus cruciale que des accords conclus, notamment avec Amazon Web Services (AWS) plus tôt dans l’année, sont restés jusqu’ici dans une zone grise au regard des engagements d’exclusivité.
Le Financial Times révélait ainsi en mars que Microsoft envisageait une action en justice contre Amazon et OpenAI autour d’un contrat cloud de 50 milliards de dollars jugé potentiellement contraire à leur accord.
Pour OpenAI, qui ambitionne de devenir le fournisseur de référence en matière d’IA, cette évolution est stratégique. Cela lui permet de multiplier les canaux de distribution, de diversifier les partenariats technologiques et de ne plus dépendre d’un seul géant pour assurer la disponibilité de ses services.
Cette nouvelle configuration offre à la société californienne davantage d’agilité commerciale, dans un marché où la concurrence – avec Google, Anthropic, Meta, xAI entre autres – s’intensifie de jour en jour.
Un rééquilibrage financier qui profite à Microsoft
L’autre gagnant potentiel de cet accord réaménagé d’après les observateurs est AWS, division cloud d’Amazon, qui domine toujours le marché mondial avec une part supérieure à celle d’Azure.
En effet, pour le géant du e‑commerce, intégrer les modèles d’OpenAI à son offre constituerait un argument de poids face à ses concurrents directs, au premier rang desquels… Microsoft elle‑même.
Celle-ci conserve toutefois le statut de partenaire cloud prioritaire d’OpenAI, ainsi qu’une licence sur la propriété intellectuelle de la startup jusqu’en 2032, désormais sur une base non exclusive. Les nouveaux produits OpenAI continueront d’être lancés en priorité sur Azure, sauf si Microsoft est dans l’impossibilité — ou choisit — de ne pas les prendre en charge.
Les paiements d’OpenAI vers Microsoft se poursuivront par ailleurs jusqu’en 2030, mais dans le cadre d’un partage plafonné et découplé des éventuels progrès vers l’AGI, décrit comme la prochaine évolution de l’IA.
