Bad Bunny rejoint le club très fermé du milliard de recettes en concerts

Premier artiste latino de l’histoire à atteindre ce seuil symbolique, le rappeur portoricain a réécrit les règles de l’industrie musicale mondiale en restant fidèle à sa langue, à sa culture et à sa communauté.

Peu d’artistes internationaux au sommet de leur carrière peuvent se permettre d’ignorer les États-Unis dans une tournée. Non seulement Bad Bunny — de son vrai nom Benito Martínez Ocasio — l’a fait, mais il l’a fait en entrant dans l’histoire.

Le natif de Vega Baja, à Porto Rico, vient en effet de rejoindre le cercle très restreint des artistes — moins de 25 dans l’histoire du Billboard Boxscore, référence en matière de classement des tournées — ayant franchi le milliard de dollars de recettes cumulées sur scène.

Sa tournée intitulée Debí Tirar Más Fotos (« J’aurais dû prendre plus de photos »), en référence à l’album du même nom sorti en janvier 2025, a généré 360 millions de dollars et écoulé 2,4 millions de billets lors de ses 41 premières dates.

En y ajoutant les revenus de ses précédentes tournées, celui que ses fans surnomment « El Conejo Malo » (« le mauvais lapin ») totalise désormais 1,08 milliard de dollars, 6,4 millions de billets vendus et 260 concerts.

Un tour mondial hors normes

Debí Tirar Más Fotos, premier album en espagnol à remporter le Grammy de l’Album de l’année lors de la 68e cérémonie en 2026, apparaît comme l’aboutissement d’un parcours hors norme pour un artiste qui ne cesse de marquer l’histoire.

Cette tournée mondiale, coproduite par Live Nation et Rimas Nation, compte 54 dates dans 18 pays. Elle a débuté le 21 novembre en République dominicaine, avant de parcourir l’Amérique latine, l’Europe, l’Australie et l’Asie, pour s’achever à Bruxelles le 22 juillet.

En décembre 2025, ses huit concerts à l’Estadio GNP Seguros de Mexico ont à eux seuls attiré environ 518 000 spectateurs et généré 88 millions de dollars de recettes, lui permettant de décrocher la première place du Billboard Boxscore mensuel pour la huitième fois de sa carrière — un record depuis 2019.

Un empire construit sur la fidélité à ses racines

Le choix de faire l’impasse sur les États-Unis, dans un contexte marqué par un durcissement des politiques migratoires, illustre une nouvelle fois l’attachement de l’artiste à ses origines.

Selon Hans Schafer, vice-président senior des tournées mondiales chez Live Nation, « Bad Bunny connaît un succès exceptionnel sans jamais opérer de crossover musical. En réalité, ce sont des millions de fans à travers le monde qui viennent à lui. »

Cette observation résume la transformation qu’il incarne. Son album El Último Tour Del Mundo, sorti en 2020, était devenu le premier projet entièrement en espagnol à atteindre la première place du Billboard 200, une performance alors considérée comme atypique.

Bad Bunny sera également le premier artiste hispanophone à se produire dans des stades dans sept des pays visités lors de cette tournée, non pas le plus grand à le faire, mais le premier dans plusieurs marchés où aucun artiste de langue espagnole n’avait encore rempli de telles enceintes.

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