La plateforme de commerce en ligne, filiale du groupe Alibaba, s’est vu infliger la plus lourde amende jamais prononcée par la Commission européenne pour avoir laissé prospérer des activités illicites sur son site.
La Commission européenne a annoncé, ce lundi 20 juillet, une sanction record de 550 millions d’euros à l’encontre de la plateforme de commerce en ligne AliExpress, filiale du groupe chinois Alibaba.
La marketplace est notamment accusée de ne pas avoir respecté ses obligations en matière de lutte contre la vente de produits illégaux et contrefaits, conformément au Digital Services Act (DSA), la réglementation européenne sur les services numériques. Selon Bruxelles, ces manquements ont exposé des millions de consommateurs à des risques sanitaires ainsi qu’à des pratiques frauduleuses.
Entré en vigueur en 2024, le DSA impose aux plateformes et moteurs de recherche comptant plus de 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans l’Union européenne — désignés comme « très grandes plateformes » ou « très grands moteurs de recherche » — des exigences renforcées.
Celles-ci incluent notamment l’obligation d’identifier et d’évaluer les risques systémiques liés à leurs services (contenus illicites, atteintes aux droits fondamentaux, manipulation de l’information, protection des mineurs, santé publique, etc.), ainsi que la mise en place de mesures adaptées pour les limiter.
Des millions de produits illégaux proposés aux utilisateurs
Ces acteurs doivent également se soumettre à des audits indépendants annuels afin de vérifier leur conformité. En cas d’infraction, la Commission européenne peut imposer des amendes pouvant atteindre 6% du chiffre d’affaires annuel mondial de l’entreprise concernée.
Or, selon les données avancées par Bruxelles, AliExpress aurait recommandé près de 15 millions de produits illégaux à des utilisateurs européens au cours de l’année écoulée, dans le cadre d’une procédure ouverte en juin 2024.
Parmi ces articles figurent des cosmétiques contrefaits, des jouets dangereux, des vêtements imités ainsi que des appareils électroniques présentant des risques.
« Cela est très dangereux pour nos consommateurs, mais aussi injuste pour les entreprises qui respectent toutes nos règles », a déclaré Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission en charge des questions technologiques, citée par Bloomberg.
Une application plus stricte de la réglementation
La plateforme dispose jusqu’au 20 octobre pour proposer des mesures correctives, sous peine de s’exposer à de nouvelles sanctions si celles-ci sont jugées insuffisantes lors de l’évaluation prévue en décembre.
Cette décision s’inscrit dans un durcissement progressif de l’arsenal réglementaire européen. Il s’agit de la troisième action majeure de ce type, après les 120 millions d’euros infligés à X en décembre 2024 et les 200 millions d’euros imposés en mai dernier à Temu, une autre plateforme chinoise.
Contactée par Bloomberg, AliExpress a contesté ces accusations dans un communiqué, estimant que la décision « ne tient pas compte de notre dispositif robuste de gestion des risques ni des améliorations significatives mises en œuvre de manière proactive ». L’entreprise indique également envisager un recours, jugeant la sanction disproportionnée.
