Le rappeur californien affirme avoir eu recours au générateur musical Suno pour certains titres de son dernier projet.
Tyga a confirmé, dans un entretien accordé à VIBE, avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour produire certains éléments de son dernier album, $TARFACE. Ce projet, porté par un alter ego rétrofuturiste, puise dans les sonorités disco et synthwave des années 1980, avec une esthétique visuelle rappelant Miami Vice.
Figure bien installée du rap de la côte Ouest, l’artiste a indiqué avoir utilisé le générateur musical Suno, sans préciser les titres concernés. « Je sais que les gens vont être fâchés que je dise ça, mais c’est la direction que prend la technologie », a-t-il déclaré, cité par Complex.
L’ancien protégé de Young Money établit un parallèle avec l’arrivée de l’Auto-Tune au milieu des années 2000, une innovation qui avait suscité de fortes réticences dans l’industrie musicale avant d’être largement adoptée par les artistes.
À ses yeux, l’intelligence artificielle relève de la même dynamique d’évolution technologique. Elle est appelée à devenir un outil de production parmi d’autres, sans pour autant se substituer à la vision créative de l’auteur.
Une transparence rare, mais controversée
Tyga insiste sur le fait que l’usage d’un outil technologique ne retire rien, selon lui, à la légitimité d’un projet dès lors que l’intention créative, l’écriture et l’interprétation demeurent celles de l’artiste. Il assure notamment avoir écrit les morceaux et enregistré lui-même toutes les voix de l’album.
Cette prise de position intervient alors que l’utilisation de l’intelligence artificielle générative reste particulièrement sensible dans l’industrie musicale. Son recours peut fragiliser la réputation d’un artiste lorsqu’il paraît dissimulé plutôt qu’assumé publiquement.
Beaucoup reprochent d’ailleurs à l’Auto-Tune d’avoir uniformisé les timbres vocaux, notamment au sein de la scène torontoise, où l’usage intensif de cet outil aurait nivelé une partie de la production locale.
Un commentateur du podcast musical The Flex Your Mind Network souligne également que $TARFACE présenterait des sonorités très proches du projet 8s de Tory Lanez. De quoi nourrir les soupçons d’un recyclage créatif dissimulé derrière la vitrine technologique.
Une industrie sous pression
Un internaute, déjà à l’origine de la révélation d’un cas similaire impliquant le rappeur Fenix Flexin, affirme pour sa part que l’album de Tyga aurait été intégralement généré avec des outils tiers, avec une possible implication du label Empire. Il évoque aussi l’existence de modèles de détection entraînés pour repérer les productions issues de plateformes de génération musicale.
Si la généralisation de ces pratiques se profile, elle soulève néanmoins plusieurs défis, à commencer par la possibilité de multiplier les sorties à un rythme industriel, au risque de sacrifier la qualité des œuvres et l’exigence artistique.
Certains observateurs soulignent ainsi une asymétrie entre les artistes déjà dominants, tels que Taylor Swift ou Lady Gaga, dont la puissance commerciale continue de générer des revenus considérables même lorsque leur actualité discographique ralentit, et les artistes émergents. Pour ces derniers, l’essor de l’IA pourrait à la fois abaisser les coûts de production et relever le seuil de concurrence dans un marché déjà saturé.
