Le public va peut-être enfin apprendre qui est responsable de l’assassinat de l’ancien rappeur, alors que comparaît dans le box des accusés Duane « Keffe D » Davis, l’un des protagonistes de cette nuit tragique de septembre 1996.
Qui a tué Tupac (2Pac) Shakur ? Près de 30 ans après les faits, cette question, qui demeure à ce jour l’une des plus grandes énigmes criminelles des États-Unis, va peut-être trouver une réponse, avec l’ouverture le 10 août dernier à Las Vegas d’un procès dont le principal accusé est Duane « Keffe D » Davis, l’un des derniers témoins encore vivants de cette soirée du 7 septembre.
Cette nuit-là, au retour d’un combat de boxe entre Mike Tyson et Bruce Seldon — remporté par le premier sur KO technique —, Tupac est atteint de plusieurs balles en pleine rue alors qu’il circulait en voiture avec le producteur Suge Knight.
Le rappeur, âgé de seulement 25 ans, succombe six jours plus tard à ses blessures à l’University Medical Center de Las Vegas, ayant notamment reçu une balle dans le poumon et une autre dans l’abdomen.
Un personnage un peu trop vantard ?
Si Duane Davis n’a pas appuyé sur la gâchette, il aurait pu jouer un rôle déterminant, selon l’accusation. Figure emblématique de la criminalité de Compton, en Californie, cet homme aujourd’hui âgé de 63 ans fut membre du gang des South Side Compton Crips, rival des Mob Piru Bloods auxquels 2Pac était affilié via le label Death Row Records.
Surtout, Davis était l’oncle d’Orlando « Baby Lane » Anderson, le jeune homme que Tupac et Suge Knight — patron de Death Row Records — avaient roué de coups dans les couloirs du MGM Grand quelques heures avant la fusillade mortelle, et qui fut lui-même soupçonné d’avoir tiré sur le rappeur avant d’être tué dans une fusillade sans lien en 1998.
Davis est ainsi accusé d’avoir fourni l’arme du crime et d’avoir orchestré l’opération en tant que chef de bande. Ces accusations reposent en grande partie sur ses propres aveux. Dans ses mémoires, Compton Street Legend, publiées en 2019, cet ancien trafiquant de drogue se vante d’avoir procuré l’arme au tireur, sans jamais le nommer explicitement.
Des zones d’ombre difficiles à dissiper
Rattrapé par ses propres confidences — livrées alors qu’il se croyait couvert par un accord d’immunité conclu avec la police —, Duane « Keffe D » Davis soutient désormais que ces révélations n’étaient qu’un procédé destiné à booster les ventes de son ouvrage.
Dans une interview accordée à ABC News, l’accusé clame son innocence tout en regrettant d’avoir écrit sur le meurtre par appât du gain, affirmant avoir été payé pour mentir sur son rôle présumé. Le procès, qui devrait durer entre quatre et six semaines, avec des plaidoiries d’ouverture attendues le 17 août, laisse plusieurs questions en suspens.
Reste à savoir si l’accusé choisira de témoigner pour sa propre défense, et si Suge Knight, présent lui aussi cette nuit-là selon les enquêteurs, sera appelé à la barre. Les deux hommes demeurent aujourd’hui les seules personnes présumées présentes sur les lieux du drame encore en vie.
