La fin annoncée des deuxième et troisième générations de réseaux mobiles devrait impacter bien des appareils, au-delà des seuls vieux téléphones portables rendus obsolètes depuis quelques années déjà par l’arrivée des smartphones. Explications !
Le 31 mars 2026 a été marqué, dans les villes basques de Bayonne, Biarritz et Anglet, par un événement peut-être pas assez retentissant dans l’actualité, mais dont la portée historique est certaine : la coupure par Orange de la 2G dans une zone du territoire français.
Le début de la fin d’une révolution vieille de 30 ans. Apparue dans les années 1990, cette technologie s’est en effet accompagnée, à l’époque, de plusieurs bouleversements majeurs dans le domaine des télécommunications.
On est ainsi passé, grâce à elle, de l’analogique, très sensible aux interférences, au numérique. On lui doit également la possibilité d’échanger des SMS et des MMS, ainsi que le tout premier accès à Internet. S’y ajoute l’arrivée du roaming.
Mais rien ne dure éternellement en technologie, et la 2G s’achemine vers sa belle mort : son extinction est prévue d’ici octobre. Idem pour le réseau 3G, qui entame son déclin et sera complètement arrêté d’ici fin 2028 ou 2029, selon votre opérateur.
Des bandes de fréquences devenues intenables
Derrière cette décision figure la nécessité de fournir davantage de bandes de fréquences aux générations suivantes – la 4G, la 5G et la 6G surtout – afin qu’elles puissent répondre aux usages, au vu de leurs capacités démultipliées.
Autant de pratiques qui comprennent le streaming, les visioconférences, les réseaux sociaux ou encore le cloud, à l’ère de l’intelligence artificielle. Dans ce contexte, la 2G et la 3G sont devenues encombrantes et trop coûteuses à maintenir.
Reste que la 2G demeure présente dans le quotidien de nombreux Français, bien plus qu’ils ne l’imaginent. Des millions d’appareils y sont encore connectés et, le plus souvent, ce ne sont pas des smartphones.
On parle des ascenseurs, dont près de la moitié du parc français est équipée en 2G ou 3G, selon Franceinfo ; mais aussi des interphones, des systèmes d’alarme, des compteurs d’eau ou de gaz.
Douze millions d’appareils en voie d’obsolescence
Des dispositifs de téléassistance pour personnes âgées (comme le bracelet anti-chute, qui touche près de 200 000 personnes), certains terminaux de paiement et bien d’autres objets connectés industriels sont également concernés.
En France, ce seraient au total environ 12 millions d’équipements qui risquent de ne plus fonctionner. Autant dire qu’il est primordial que chacun vérifie les siens afin de voir si un basculement vers la 4G ou la 5G est possible.
Dans le cas contraire, il vous faudra investir dans du nouveau matériel. Dans une lettre envoyée à l’Arcep en janvier dernier, des fédérations de professionnels de la téléassistance, du bâtiment, des ascenseurs ou encore de l’électricité dénonçaient des « délais trop courts imposés par les opérateurs télécoms pour la migration des appareils connectés et le manque de coordination dans le plan ».
