L’Allemand s’adjuge la première place du classement ATP, de quoi couronner une saison prolifique. Un sacre qui fait toutefois débat.
Et le numéro un est Alexander Zverev. Sacré par l’ATP, l’Allemand a rejoint, le 12 octobre dernier, le cercle restreint des joueurs ayant terminé la saison en tête du classement. Une première pour le longiligne de 29 ans, qui profite ainsi de deux coups du sort ayant frappé ses principaux rivaux.
Perturbé par des problèmes récurrents au genou, Jannik Sinner a en effet dû se retirer du circuit jusqu’à la saison prochaine. Quant à Carlos Alcaraz, il a été surpris par Zizou Bergs au troisième tour du Masters 1000 de Shanghai (défaite 6-4, 6-3).
De quoi permettre à Zverev, fort de ses 9 770 points actuels, de grimper sur le trône. Reste que cet accomplissement — une première pour un joueur allemand — a du mal à passer auprès d’une partie de l’opinion, qui juge cette place non méritée.
« En fait, aujourd’hui, celui qui est numéro 1 mondial, ce n’est pas le meilleur joueur : c’est le meilleur joueur parmi les survivants », cingle ainsi l’animateur de la chaîne tennis « Service Volée ».
Fort avec les faibles, faible avec les forts ?
Il critique notamment un leader incapable de rivaliser avec les meilleurs du circuit. En témoigne sa récente défaite contre un « grabataire » Novak Djokovic de 39 ans en finale de l’ATP 500 de Pékin.
Zverev n’a battu que deux joueurs du top 10 cette année : Fritz en quarts de finale à Wimbledon et Shelton en finale de l’US Open. À titre de comparaison, Djokovic, qui a connu une saison très difficile, notamment en raison de son âge, en a battu trois.
« Le mec est à zéro victoire et quatorze défaites sur ses quatorze derniers matchs contre Alcaraz, Sinner et Djokovic. Et depuis début 2025, le type est à cinq victoires contre vingt et une défaites face au top 10. Vous imaginez ? Pour un futur patron, c’est infamant », ajoute Service Volée.
Les Grands Chelems comme juge de paix
« Mais sérieux, comment on peut dire ça ? », s’étonne de son côté le commentateur français Benoît Maylin, qui se pose en défenseur de l’Allemand. Il rappelle que Sascha a répondu présent quand il le fallait, en remportant notamment ses deux premiers titres du Grand Chelem (GC), à Roland-Garros et à l’US Open.
« Il a assumé son rôle de favori quand le trio infernal n’était pas là. En fait, c’est ça, sa plus grande victoire : il a triomphé de son image d’éternel loser pour enfin devenir, à plus de 29 ans, le numéro 1 mondial. Et en tennis, dans le sport, on ne le devient pas par hasard », ajoute-t-il, rappelant qu’en plus d’un demi-siècle, « seuls 29 joueurs ont réussi à atteindre ce Graal au classement » avant lui.
Pour Nikola Aracic, de la plateforme Intuitive Tennis, Zverev « mérite pleinement d’être numéro un mondial », sans pour autant être le meilleur joueur du monde en matière de niveau de jeu.
