OpenAI fait exploser les rémunérations de la Silicon Valley

Les packages salariaux de la startup d’intelligence artificielle pulvérisent tous les records du secteur. De quoi soulever des questions sur la viabilité d’une telle approche.

Il fait bon de travailler pour OpenAI, à en juger par le niveau de rémunération que la société propose. Selon des informations du Wall Street Journal fondées sur des documents internes, les attributions d’actions par employé au sein de la firme d’intelligence artificielle atteignent des niveaux inédits dans l’histoire récente du secteur technologique.

Ajustée à l’inflation, cette rémunération représenterait environ sept fois celle que Google versait à ses collaborateurs avant son introduction en bourse en 2004, et près de 34 fois la moyenne observée parmi 18 autres géants de la tech à la veille de leur IPO.

Alors que les grandes entreprises technologiques consacrent généralement autour de 6 % de leurs revenus à la rémunération en actions l’année précédant leur entrée sur le marché, le créateur de ChatGPT prévoit, lui, d’y consacrer près de 46 % de son chiffre d’affaires anticipé pour 2025.

Pour mettre ce chiffre en contexte, Palantir, réputée pour sa générosité envers ses employés, plafonnait à 33% avant son introduction en bourse. Mieux, le groupe prévoit d’augmenter ses dépenses en rémunération basée sur des actions d’environ 3 milliards de dollars par an d’ici 2030.

Le nerf de la guerre de l’IA

Certes, une poignée de talents d’exception — les fameux MVP de l’entreprise — bénéficient de packages faramineux qui tirent les moyennes vers le haut. Mais la tendance concerne l’ensemble des quelque 4 000 employés du groupe.

Cette politique salariale offensive intervient dans un contexte où OpenAI doit à la fois rivaliser avec des mastodontes comme Google et séduire les chercheurs et ingénieurs les plus brillants du domaine, une ressource rare et extrêmement recherchée.

L’effort est d’autant plus stratégique que Meta et son patron Mark Zuckerberg se sont distingués cette année par des offres atteignant parfois les neuf chiffres, voire le milliard de dollars, pour attirer les meilleurs profils de la concurrence.

Une future IPO qui pourrait redessiner San Francisco

OpenAI a d’ailleurs encaissé plusieurs départs, dont celui d’une vingtaine d’employés clés, parmi lesquels un co‑créateur de ChatGPT. Dans ce contexte, l’introduction en Bourse de l’entreprise suscite de fortes attentes.

Microsoft, actionnaire à hauteur de 27 %, a déjà multiplié par dix son investissement initial, la valorisation d’OpenAI atteignant désormais 135 milliards de dollars. SoftBank détient pour sa part environ 10 % du capital, une participation dont la valeur s’est envolée ces derniers mois.

Au‑delà des fonds institutionnels, plusieurs centaines de salariés pourraient rejoindre le cercle très restreint des ultra‑riches de la Silicon Valley. Cependant, la soutenabilité d’une politique de rémunération aussi agressive reste à démontrer, surtout dans un secteur où la rentabilité demeure encore incertaine malgré l’enthousiasme des investisseurs.

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