Iran : la technologie anti-Starlink qui fait trembler SpaceX

Le service satellitaire américain, longtemps perçu comme une arme décisive contre la censure, révèle aujourd’hui ses faiblesses face aux méthodes de brouillage déployées par le régime iranien, confronté à une vague de contestation populaire.

Et si Starlink n’était pas aussi infaillible qu’on le pensait ? Le système censé offrir un accès Internet mondial, y compris dans les régions les plus isolées et les États soumis à la censure, montre ses failles en Iran. Sa constellation de satellites en orbite basse — plus de 12 000 à ce jour — n’a pas résisté aux perturbations orchestrées par les autorités.

Depuis le 28 décembre 2025, le régime, confronté à une contestation populaire, a comme souvent restreint les canaux de communication. L’accès au réseau a été fortement limité, notamment dans les centres urbains où se concentrent les manifestations, selon l’organisation NetBlocks.

Celle-ci a observé une baisse de connectivité de 30% la semaine dernière, puis un effondrement atteignant 80% dans certaines zones, d’après des données relayées par France 24 le 13 janvier. Même Starlink, perçu comme une bouée de secours, s’est révélé inopérant, selon des témoignages recueillis par Le Monde.

Kalinka, l’arme anti-Starlink ?

Comment le pouvoir iranien a-t-il réussi à instaurer un tel black-out, jusqu’à neutraliser le réseau d’Elon Musk ? Les autorités auraient déployé des dispositifs de brouillage mobiles d’inspiration militaire, capables de cibler directement les terminaux Starlink.

« Il s’agit d’émettre de puissants signaux sur les fréquences utilisées par Starlink. Ce bruit”empêche les terminaux de communiquer avec les satellites. Rappelons que Starlink n’est pas un système militaire durci disposant de liaisons sécurisées », explique Xavier Pasco, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique, cité par Le Monde.

France 24 évoque pour sa part la possible implication d’un pays étranger dans la mise en œuvre de cette offensive numérique. Dans ce contexte, revient le nom de “Kalinka”, récemment mentionné dans un rapport américain. Surnommé « le tueur de Starlink », ce dispositif aurait déjà servi en Ukraine pour neutraliser les drones.

Les promesses non tenues d’Elon Musk

Monté sur des plateformes mobiles, souvent des camions, Kalinka peut littéralement “éteindre” une zone entière. Sa portée reste limitée — une quinzaine de kilomètres —, ce qui oblige à le déplacer régulièrement, mais son efficacité est redoutable.

L’épisode iranien marque un tournant dans la confrontation technologique entre les systèmes de communication par satellite et les régimes autoritaires. Il prouve que même les technologies présentées comme non-censurables peuvent être neutralisées par des États dotés de moyens avancés.

Pour Starlink, que les Iraniens acquièrent au péril de leur liberté – l’utilisation de services internet par satellite non autorisés est criminalisée –, c’est un revers qui interroge sur la véritable résilience de son système face à des attaques ciblées.

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