États-Unis : une nouvelle classe de médicaments contre l’hypertension

L’agence américaine spécialisée a autorisé le baxdrostat, commercialisé sous le nom de Baxfendy par AstraZeneca, dont la spécificité est de cibler l’hormone impliquée dans l’élévation de la pression artérielle.

Un nouvel espoir pour les personnes souffrant d’hypertension non contrôlée. Le laboratoire AstraZeneca a annoncé, lundi 18 mai, avoir obtenu l’approbation de la Food and Drug Administration (FDA) pour la commercialisation de son traitement contre l’hypertension artérielle.

Le Baxfendy (baxdrostat) se distingue des antihypertenseurs classiques par un mécanisme d’action innovant. Alors que les traitements traditionnels — inhibiteurs de l’enzyme de conversion, bloqueurs des canaux calciques ou bêtabloquants — agissent sur différents leviers de régulation, ce médicament cible directement la production d’aldostérone.

Cette hormone joue un rôle central dans le développement de la maladie en favorisant la rétention de sodium et d’eau par les reins, ce qui augmente le volume sanguin et, par conséquent, la pression artérielle.

En inhibant sa production, le traitement réduit les concentrations plasmatiques d’aldostérone et permet ainsi une baisse significative de la tension.

Une nouvelle classe thérapeutique

Au-delà de son rôle dans l’équilibre hydrosodé, l’aldostérone intervient également dans la dysfonction vasculaire, l’inflammation et la fibrose des tissus. Autant de mécanismes impliqués dans les complications cardiovasculaires et rénales à long terme.

Le Baxfendy est proposé sous forme de comprimés dosés à 1 mg ou 2 mg, à prendre une fois par jour, avec ou sans alimentation. La dose recommandée est de 2 mg quotidiens, ajustable à 1 mg chez les patients présentant un risque accru d’hyperkaliémie (excès de potassium dans le sang) ou d’hypotension.

Le baxdrostat est une petite molécule administrée par voie orale, d’un poids moléculaire de 363,46 g/mol, caractérisée par une lipophilie notable (log P de 3,09) et une forte liaison aux protéines plasmatiques (74%). Il est principalement métabolisé par l’enzyme hépatique CYP3A4 et présente une demi-vie d’environ 26 heures, permettant une prise quotidienne unique.

Une avancée majeure

L’autorisation du Baxfendy par la FDA repose sur les résultats de l’essai clinique de phase III BaxHTN, publiés dans le New England Journal of Medicine en août 2025. L’étude a montré une réduction significative et cliniquement pertinente de la pression artérielle systolique chez des patients atteints d’hypertension non contrôlée ou résistante.

Le profil de tolérance observé lors des essais s’est révélé globalement satisfaisant. Les effets indésirables étaient majoritairement légers à modérés, sans signal de sécurité majeur ayant conduit à interrompre le développement.

Ce traitement représente une avancée importante pour des millions de patients. L’hypertension, souvent qualifiée de « tueur silencieux », demeure l’un des principaux facteurs de risque cardiovasculaire à l’échelle mondiale, avec environ 1,4 milliard de personnes concernées selon l’OMS.

Elle est directement associée aux accidents vasculaires cérébraux, aux maladies cardiaques et aux atteintes rénales. Aux États-Unis, près de la moitié des adultes — soit environ 120 millions de personnes — sont touchés, d’après les données relayées par Reuters.

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