PayPal dans le viseur de Stripe

Le groupe américano-irlandais des services de paiement en ligne envisagerait de racheter tout ou partie de son concurrent, visiblement en panne d’innovation face à une pression concurrentielle accrue.

Selon Ryan Gould, journaliste spécialisé en fusions-acquisitions chez Bloomberg, Stripe aurait mené une analyse préliminaire de PayPal et manifesterait un intérêt pour une partie — voire l’ensemble — du groupe.

Si la démarche reste exploratoire et qu’aucune issue n’est encore certaine, elle semble assez sérieuse pour relancer les spéculations sur l’avenir de PayPal, un géant qui, il y a encore quelques années, paraissait intouchable.

Fondée à la fin des années 1990, l’entreprise a longtemps incarné la promesse d’une révolution dans les paiements en ligne, dictant pendant des années ses règles à tout l’écosystème mondial de la fintech.

Son nom évoquait la confiance, la simplicité et la portée internationale, avec des millions d’utilisateurs actifs dans plus d’une centaine de pays.

PayPal, de titan incontesté à cible de rachat

Mais cette domination appartient désormais au passé. Comme l’a rappelé Patrick Collison, président et cofondateur de Stripe, dans une interview accordée cette semaine à Bloomberg, PayPal « traverse une période difficile depuis plusieurs années ».

En un an à peine, la société a perdu près de la moitié de sa valeur boursière, malgré un léger rebond mardi à New York (+6,7% à 47,02 dollars), portant sa capitalisation à 43,3 milliards de dollars.

La direction multiplie pourtant les annonces stratégiques et les réorganisations internes — un nouveau PDG doit prendre ses fonctions le 1ᵉʳ mars, en remplacement du précédent évincé après seulement trois ans —, sans parvenir à convaincre les marchés.

« Le paysage a beaucoup changé avec Apple Pay, Google Pay et d’autres solutions similaires », observe Collison, dont l’entreprise est en plein essor, forte d’une valorisation désormais estimée à 159 milliards de dollars après une offre de rachat d’actions destinée à ses salariés, d’après Bloomberg.

Un signal sur l’évolution du cadre antitrust américain ?

Fondée en 2010, Stripe s’est imposée comme un acteur majeur du paiement en ligne, plébiscité pour la robustesse et la flexibilité de ses solutions techniques destinées aux développeurs et aux entreprises.

Pour Ryan Gould, au-delà du cas PayPal, cette possible opération illustre l’évolution du cadre antitrust aux États-Unis. Qu’un rapprochement entre deux concurrents d’une telle envergure soit sérieusement envisagé aurait, selon lui, relevé de la fiction sous d’autres administrations.

Des transactions autrefois promises à un examen minutieux — ou à un blocage pur et simple — semblent aujourd’hui bénéficier d’une approche plus conciliante de la part des régulateurs.

L’affaire Stripe–PayPal, conclut le journaliste, ne serait que le prélude à une longue série. Elle ouvre la voie à une période potentiellement durable — et mouvementée — pour les grandes entreprises technologiques, désormais exposées à d’importantes reconfigurations capitalistiques.

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