Affaire O. J. Simpson : le témoin que le jury n’a jamais entendu ?

Plus de trente ans après le procès du siècle, de nouvelles révélations parues dans la presse viennent ajouter au doute sur l’issue de ce dossier judiciaire resté, malgré les ans, l’un des plus complexes de l’histoire.

J. Simpson n’aurait-il pas dû être acquitté dans l’affaire portant désormais son nom ? Si le verdict de 1995 est définitif, de récentes révélations de la presse américaine tendent à fragiliser, même après coup, la lecture favorable à l’ex-star du football américain faite par le jury dans ce dossier.

Selon des documents judiciaires récemment rendus publics et décortiqués par le New York Times (NYT), les autorités disposaient d’un informateur jugé, de surcroît, « extrêmement fiable », qui savait exactement où était cachée l’arme du crime, jamais retrouvée.

Cet homme, Joseph Ippolito, alias « Joey », aujourd’hui décédé, était lié à la mafia et s’était évadé de prison un mois avant les meurtres de Ron Goldman et de Nicole Brown Simpson, à l’origine de l’affaire. Il était par ailleurs un ami d’Al Cowlings, lui aussi ancienne vedette du football américain et compagnon d’O. J. Simpson lors de la fameuse course-poursuite du 17 juin 1994 avec la police.

Un complice resté dans l’ombre ?

D’après son frère Sam, cité par le NYT, Joey se trouvait sur les lieux du crime cette nuit-là. Il serait ainsi rentré chez lui avec ce qui semblait être du sang sur les mains et un sac contenant un objet lourd.

Pourtant, pour une raison qui reste à éclaircir, cette information n’a jamais été rendue publique pendant le procès. Elle n’a pas non plus été évoquée à l’audience, ni portée à la connaissance du jury. Par ailleurs, aucun de ces éléments n’a été communiqué à la défense.

Il importe toutefois de noter que Sam est revenu plus tard sur ses déclarations auprès du journal, face au refus de ce dernier de le rétribuer pour son témoignage. Au-delà de cette volte-face qui jette le trouble sur ses révélations, une nuée de questions se posent désormais.

Une énigme jusqu’au bout

La police de Los Angeles a-t-elle caché des informations ? A-t-elle négligé de vérifier correctement les déclarations de cet informateur ? Quelqu’un a-t-il décidé de garder le silence ? Ce sont autant de questions importantes, car elles touchent à un principe fondamental de la justice américaine.

Lorsqu’un jury tranche une affaire, il est censé disposer de tous les faits pertinents. Ou, à tout le moins, les deux parties doivent avoir la possibilité d’enquêter et de présenter les éléments qu’elles découvrent.

A contrario, si l’accusation détenait, sans les communiquer, des renseignements provenant d’une source décrite par ailleurs comme « extrêmement fiable » au sujet d’une preuve matérielle, cela pose problème.

L’émergence des nouveaux éléments rapportés par le New York Times soulève aussi la question de l’accès à l’information, alors que le procès est clos depuis plus de trois décennies. En fin de compte, l’affaire O. J. Simpson demeurera jusqu’au bout une énigme. De quoi justifier son surnom de « procès du siècle » ?

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